La dernière note de conjoncture immobilière des Notaires de France publiée en janvier 2025 apporte un état des lieux complet du marché immobilier français. Après une année 2024 marquée par une baisse des transactions et des prix, certains signaux laissent entrevoir une possible stabilisation.
Mais cette tendance est-elle vraiment synonyme de reprise ou d’un simple répit avant une nouvelle correction du marché ?
Une baisse du volume des transactions qui ralentit
Depuis 2023, le marché immobilier a enregistré une baisse continue du nombre de transactions. En novembre 2024, seules 778 000 ventes ont été réalisées sur un an, contre 935 000 l’année précédente. Cette diminution de 12 % traduit un marché en perte de vitesse, impacté par la hausse des taux d’intérêt et une baisse du pouvoir d’achat des ménages.
Toutefois, cette tendance semble se ralentir. Après des trimestres de recul significatif, les notaires observent que la chute du marché semble atteindre un palier. Si le nombre de transactions reste en-deçà des standards pré-covid, le rythme du déclin est moins brutal, augurant d’un possible redressement en 2025.
Une évolution contrastée des prix
L’un des indicateurs majeurs de cette conjoncture immobilière est l’évolution des prix. En moyenne, les prix des logements anciens ont chuté de 3,9 % en un an, aussi bien pour les appartements que pour les maisons. Cette baisse a été particulièrement ressentie en Île-de-France, où les prix ont diminué de 5,3 %, contre 3,4 % en province.
Si cette tendance générale se maintient, certains signaux laissent entrevoir une stabilisation. Les projections des notaires suggèrent une baisse plus modérée des prix d’ici avril 2025 : -1,2 % en moyenne. Un phénomène qui pourrait annoncer la fin du cycle baissier.
Cependant, des disparités importantes subsistent selon les régions. Paris, qui enregistrait une chute vertigineuse des prix en 2023 (-7,7 %), semble amorcer une phase de stabilisation avec une baisse limitée à -1,4 % en fin d’année 2024. Dans certaines zones rurales et moyennes, la correction des prix est encore plus modérée.
Le marché du neuf en souffrance
L’immobilier neuf est sans doute le segment le plus touché par la crise. En novembre 2024, seulement 26 900 logements ont été autorisés à la construction, marquant une baisse de 5,7 % par rapport à octobre. Sur un an, cela représente un recul de 11,9 %, et même 28 % par rapport aux niveaux pré-pandémie.
Les mises en chantier suivent une tendance similaire. Avec une offre en réduction, la tension sur le marché du neuf persiste, freinée par des coûts de construction élevés et des difficultés d’accès au financement.
Quelles perspectives pour 2025 ?
Si la baisse du marché semble ralentir, un retour à une dynamique haussière n’est pas encore d’actualité. La prudence reste de mise pour les investisseurs et acquéreurs, car plusieurs facteurs influencent l’évolution du marché :
- L’évolution des taux d’intérêt : une baisse pourrait relancer la demande et fluidifier le marché.
- Le niveau de confiance des ménages : Face à une conjoncture économique incertaine, les acheteurs restent frileux.
- Les politiques publiques en matière de logement : L’accès au financement, les aides à la primo-accession et la fiscalité immobilière seront déterminants.
Faut-il acheter ou attendre ?
La stabilisation des prix pourrait inciter certains acquéreurs à passer à l’acte, notamment ceux qui cherchent une résidence principale. Pour les investisseurs, le moment pourrait être opportun pour saisir de bonnes affaires, notamment dans les grandes villes où la correction des prix a été forte.
Cependant, l’attentisme reste de rigueur. Les prochains mois seront décisifs pour confirmer si le marché amorce une reprise ou s’il s’agit d’un simple répit avant une nouvelle vague de corrections.


